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Trapézectomie du pouce : Indication et procédure (chirurgie)

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La trapézectomie figure parmi les traitements chirurgicaux de la rhizarthrose. Dans cet article, découvrez les indications et la procédure à suivre au cours de cette opération chirurgicale de la main.

Définition et anatomie

 

La trapézectomie est l’association de deux mots : « trapèze » et « ectomie ». Ce dernier signifie « ablation chirurgicale ». La trapézectomie correspond alors à une chirurgie qui consiste à enlever l’os du trapèze.

 

Du point de vue anatomique, l’os du trapèze est un petit os du poignet qui s’articule avec l’os du premier métacarpien. On parle de l’articulation trapézo-métacarpienne. Elle se trouve au niveau de la base du pouce.

 

os trapèze du pouce
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C’est elle qui assure la mobilité du pouce et les mouvements de la vie quotidienne comme le fait de saisir des objets, tenir une cuillère, se peigner, déboutonner une chemise, écrire, etc.

 

Comme toutes articulations, la trapézo-métacarpienne est munie d’un cartilage. C’est un tissu mou qui assure le glissement entre les os, en vue de permettre leurs mouvements. Son usure entraîne ce qu’on « arthrose ». La rhizarthrose est le terme employé pour désigner l’arthrose trapézo-carpienne.

 

 

Indication : dans quels cas opte-t-on pour la trapézectomie ?

 

Dans les cas de rhizarthrose, la trapézectomie peut être indiquée.

 

arthrose trapézo-métacarpienne du pouce
Source

 

Pour rappel, cette maladie dégénérative de l’articulation trapézo-métacarpienne se reconnaît principalement par :

 

  • des douleurs ;
  • des incapacités et difficultés de bouger la colonne du pouce ;
  • des signes d’inflammations, comme le gonflement de cette partie de la main ;
  • des déformations (subluxation) du pouce qui prend la forme d’un Z.

 

La trapézectomie est alors le traitement de base (chirurgie radicale) indiqué lorsque les autres thérapies conservatrices ne sont pas efficaces.

 

En réalité, le traitement de première ligne reste le soulagement de ces symptômes par des médicaments, l’économie articulaire (repos et réduction de la sursollicitation de l’articulation) et le port d’attelles. Sinon, on préconise l’ergothérapie et aussi les infiltrations. Ce n’est qu’en dernier recours qu’on opte pour les interventions chirurgicales, dont la prothèse du pouce et la trapézectomie. Mais tout dépend de la gravité du problème.

 

En d’autres termes, on indique généralement la trapézectomie dans les cas suivants :

 

  • les douleurs sont trop importantes ;
  • les traitements médicaux ne font plus effet sur les symptômes ;
  • la pathologie évolue avec des ostéophytoses (excroissances indésirables), des géodes et une ankylose (qui empêche la mobilité de l’articulation) ;
  • la forme de la rhizarthose est sévère ou s’aggrave (quitte à devenir handicapante).

 

Ces cas sont caractéristiques des formes III et IV de la classification DELL (qui permet d’évaluer le stade de la rhizarthrose).

 

Ainsi, l’intervention vise à stabiliser l’articulation, à éradiquer définitivement les douleurs sans porter atteinte à la mobilité. Elle résout le problème de douleurs puisqu’elle arrête les frottements qui en sont à l’origine.

 

Il est à noter que les examens cliniques et les examens d’imageries sont d’une grande aide pour appuyer l’indication de cette chirurgie.

 

 

Procédures : comment se passe-t-elle ?

 

Il y a plusieurs types de trapezectomie. Celle qui est partielle a été abandonnée au profit de la trapezectomie totale. Il y a aussi celles qui sont avec interposition tendineuse et ligamentoplastie et celle qui est sans interposition. Ce sont celles avec interposition qui sont les plus souvent recommandées.

 

chirurgie de la main
Source

 

Pour ce qui est du déroulement, les médecins commencent toujours avec les gestes d’asepsie. Ensuite, le bras est endormi (anesthésie locorégionale).

 

La chirurgie proprement dite débute par une petite incision de 5 ou 6 cm au niveau de la partie basale du pouce. Le chirurgien nettoie l’articulation de son inflammation. Il élimine les corps étrangers et corrige les excroissances osseuses liées à l’arthrose (ostéophytes, géodes, etc.). Après, avec une fraise motorisée, le chirurgien retire le trapèze par une résection, ce qui laisse un vide. Le problème, c’est que cela entraîne un raccourcissement du pouce.

 

Pour y remédier et pour combler ce vide, le chirurgien a le choix entre plusieurs techniques, dont la transposition tendineuse et ligamenteuse (ligamentoplastie). Le ligament le plus souvent utilisé est le long palmaire. La pose d’une broche de stabilisation entre le premier et le deuxième métacarpien s’en suit. Enfin, l’incision est suturée et le personnel médical passe au pansement.

 

La pose d’une attelle est d’une grande aide pour immobiliser l’articulation.

 

La durée estimée de l’opération avoisine souvent les 60 minutes.

 

Après les soins, le patient peut sortir. Parfois, il faut trois jours avant que le patient soit autorisé à rentrer chez lui. Mais en général, cette intervention ne nécessite pas une hospitalisation. Elle est ambulatoire.

 

Généralement, elle se fait sous vidéo-chirurgie (arthroscopie).

 

 

Risques et complications de la chirurgie de la main

 

Comme toute anesthésie et intervention chirurgicale, la trapézectomie n’est pas loin des risques et complications.

 

complications chirurgicales

 

Les risques concernent la persistance des douleurs (l’algodystrophie, etc.) et des inflammations. Elles se soulagent par des antalgiques et probablement la physiothérapie.

 

Dans les cas exceptionnels, il se peut que le chirurgien, lors de l’opération, ait touché accidentellement des nerfs.

 

Les risques d’infections de la zone opérée figurent aussi parmi les complications. Mais ils restent relativement rares.

 

Il pourrait y avoir collapsus secondaire de l’espace scaphométacarpien et réapparition de l’hyper extension compensatrice métacarpophalangienne. Il ne faut pas s’inquiéter, car les professionnels de santé savent comment faire pour y remédier.

 

Dans la majorité des cas, le résultat de la trapézectomie est satisfaisant bien que la progression soit très lente (environ 6 mois). Les symptômes se résorbent et la mobilité est rétablie (vers le 4e mois). Toutefois, pour une guérison complète, il faudrait respecter les précautions et les conditions comme la durée d’immobilisation et la rééducation.

 

 

Références

 

https://chirurgie-epaule-main.fr/trapezectomie-deroulement/amp/

https://www.ch-valenciennes.fr/app/uploads/2020/11/Trapezectomie.pdf

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Auteur/autrice

  • Arotoky R

    Je m’appelle Arotoky Randriamantena et je suis interne en médecine humaine au sein de la Faculté de médecine d’Antananarivo. Tout au long de mon cursus médical, j’ai suivi des stages hospitaliers à partir desquels j’ai pu forger la base de mon expérience professionnelle. Je suis passé par de nombreux services : pédiatrie, médecine interne, chirurgie cardio-vasculaire, cardiologie, gynécologie obstétrique, chirurgie générale, santé publique… J’ai aussi une passion pour la rédaction web. Le défi dynamique de la rédaction est pour moi un défi qui mérite un apprentissage constant. Je me spécialise dans le domaine de la santé et du bien-être dans lequel je suis le mieux à l’aise et mes compétences en tant que personnel de santé y sont fortement sollicitées.

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