Arthrose d’épaule : Radiographie (et autres imageries médicales)

La radiographie de l’épaule reste, jusqu’à maintenant, le seul examen utilisé en pratique courante pour établir le diagnostic et faire le suivi de l’arthrose d’épaule.

L’arthrose d’épaule se définit sur le plan radiologique par la présence d’un pincement articulaire, d’ostéophytes, de condensations sous-chondrales ainsi que de géodes. La radiographie d’épaule permet surtout de faire une analyse de l’état articulaire de l’épaule.

À part la radiographie, d’autres imageries médicales peuvent être utilisées. Même si elles ne sont pas utilisées en pratiques courantes, elles demeurent utiles pour l’observation de l’état des muscles et des tendons de l’épaule.

Arthrose d’épaule : radiographie et autres imageries médicales, découvrez-les dans cet article.

Les rappels nécessaires

Quelques rappels sur l’anatomie et l’arthrose d’épaule sont de mise afin de mieux comprendre et interpréter les clichés radiographiques.

Rappel sur l’anatomie de l’épaule

La région de l’épaule est constituée de deux articulations :

  • L’articulation acromio-claviculaire
  • L’articulation scapulo-humérale
Anatomie de l’épaule Source

L’articulation scapulo-humérale relie la tête humérale à la cavité glénoïde de la scapula. Ces deux surfaces osseuses sont recouvertes de cartilage articulaire. Cette articulation est dite condylienne, elle permet au bras de se mouvoir dans de nombreuses directions.

Du fait de cette grande mobilité, l’articulation scapulo-humérale dispose de plusieurs moyens de renforcements :

  • La capsule articulaire
  • Les tendons : La coiffe des rotateurs et le tendon du muscle long biceps
  • Les muscles
Articulation épaule

Rappel sur l’arthrose d’épaule

L’arthrose d’épaule se traduit par l’atteinte dégénérative du cartilage articulaire de l’articulation de l’épaule. Cette dégénérescence peut aboutir à la destruction et même à la disparition de ce cartilage.

Arthrose d’épaule

Ce processus conduit ainsi à la mise en contact direct des surfaces osseuses et la formation d’anomalies articulaires.  Ces différents changements se reflètent par des douleurs à l’épaule, surtout après mouvements répétés ou exercices.

Radiographie de l’épaule

Les signes radiographiques en faveur d’une arthrose d’épaule

La radiographie d’une arthrose d’épaule montre quatre différents signes radiologiques. Ces derniers permettent, non seulement, d’affirmer le diagnostic de l’arthrose d’épaule, mais également d’évaluer le stade d’évolution de la pathologie.

Radiographie de l’épaule Source

On distingue ainsi :

Le pincement articulaire

Pour une épaule normale, la radiographie montre un petit espace vide séparant la tête humérale et la cavité glénoïde de la scapula. Cet espace, appelé interligne scapulo-huméral, est représenté par l’épaisseur du cartilage articulaire recouvrant les deux surfaces osseuses.

La disparition de cet espace évoque la régression du cartilage articulaire. La tête humérale et la cavité glénoïde se rapprochent, d’où le terme « pincement articulaire ».

L’épaisseur du cartilage varie d’une personne à une autre. Une radiographie des deux épaules est ainsi conseillée afin de comparer les deux résultats.

arthrose de l'épaule
Source

La présence d’ostéophyte

Les ostéophytes sont des excroissances cartilagineuses qui se développent à la périphérie de la surface cartilagineuse. On parle d’ostéophytose marginale qui est très fréquente dans l’arthrose d’épaule.

La présence d’ostéophytes à la radiographie est un signe précoce de l’arthrose d’épaule.

Ostéophyte à la radiographie Source

Condensation sous-chondrale

On observe également à la radiographie de l’épaule des condensations de l’os sous-chondral. Cette anomalie osseuse est la conséquence de la modification des contraintes mécaniques exercées sur l’articulation.

Suite à cette condensation, la tête humérale peut perdre sa forme sphérique

Les géodes

Les géodes sont des lacunes qui se forment sur la surface osseuse sous-chondrale. A la radiographie, les géodes apparaissent sous forme de trous noirs sur la surface osseuse blanche.

Ils résultent de plusieurs facteurs tels qu’un enkystement, des micro-fractures par surcharge mécanique ou encore une irruption de liquide synovial.

Arthrose centrée et excentrée : différence radiographique

La radiographie de l’épaule permet également de faire la différence entre une arthrose d’épaule centrée et d’une arthrose d’épaule excentrée. En effet, les clichés radiographiques affichent des images différentes en fonction du type d’arthrose d’épaule.

Arthrose d’épaule excentrée

L’arthrose d’épaule excentrée est secondaire à une rupture des tendons coiffes des rotateurs. Il est également appelé arthrose d’épaule à coiffe non fonctionnelle.

Suite à la rupture de ces tendons, la tête humérale s’ascensionne vers le haut, en direction de l’acromion (la petite excroissance osseuse de la scapula qui forme l’articulation acromio-claviculaire avec la clavicule).

À part les signes cardinaux de l’arthrose observée à la radiographie, on observe en plus :

  • Une diminution ou disparition de l’espace sous-acromial (espace séparant l’acromion et la tête humérale).
  • Un pincement articulaire entre les deux surfaces osseuses prédominant au pôle supérieur de la glène.
  • Une ostéophytose sous-chondrale en double contour de la tête huméral

Arthrose d’épaule centrée

Contrairement à l’arthrose d’épaule excentrée, l’arthrose d’épaule centrée n’est pas secondaire à la rupture des tendons de la coiffe.

Dans le plan frontal à la radiographie, on observe :

  • Une tête humérale située bien en face de la glène
  • Un espace sous-acromial conservé et d’une hauteur de 10 mm
  • Ostéophytes périphériques, surtout inférieurs
  • Usure cartilagineuse de la glène et de la tête humérale
Source

Les incidences utilisées

Source

Pour une radiographie de l’arthrose d’épaule, on procède généralement à deux types d’incidence pour observer les différents signes cliniques de l’arthrose :

  • Incidence de face en 3 rotations

L’incidence de face en rotation neutre permet d’observer l’interligne scapulo-huméral, l’espace sous-acromial et l’articulation acromio-humérale.

L’incidence de face en rotation externe permet particulièrement l’analyse de l’interligne scapulo-huméral.

La rotation interne permet l’analyse de la face postérieure de la tête humérale

  • Incidence de profil 

Cette incidence permet d’évaluer l’usure de la cavité glénoïde et le centrage de la tête humérale.

Radiographie pour le suivi de l’arthrose d’épaule

À part l’établissement d’un diagnostic, la radiographie permet également de faire le suivi du patient présentant une arthrose d’épaule.

Dans ce cas, le suivi se fait environ tous les 18 à 24 mois afin d’évaluer les structures anatomiques de l’épaule et faire le suivi du traitement.

Autres imageries médicales

Même si la radiographie d’épaule constitue l’examen de première intention pour l’arthrose d’épaule, les autres imageries peuvent également être utiles. Ils permettent surtout d’apprécier l’état des structures environnantes tels que les muscles ou les tendons.

Arthrographie d’épaule

Une arthrographie d’épaule permet de faire une analyse de la cavité articulaire et de l’intégrité de la coiffe des rotateurs.

Elle est utile pour déterminer s’il s’agit d’une arthrose d’épaule à centrée ou excentrée.

Scanner d’épaule

Le scanner est utilisé pour observer et évaluer les modifications de la cavité glénoïde et de la tête humérale causées par l’arthrose.

Dans ce cas aussi, l’imagerie doit être effectuée pour les deux épaules afin de faire une étude comparative.

En outre, le scanner confirme si la coiffe des rotateurs est intègre ou non.

IRM

IRM épaule Source

L’IRM permet quant à elle de bien identifier ce qu’il y a à l’intérieur des géodes. Il permet l’étude des différents muscles et surtout des tendons de l’épaule.

Échographie

Il s’agit de la seule imagerie médicale dont les résultats importent peu en cas d’arthrose d’épaule.

Références

Arthrose et ostéoporose, quel lien ? Expanscience laboratoire

La maladie arthrosique, Pr Charles Joël Merkès, Dr Christophe Merlette éditions estem 1999

L’arthrose Pr Éric Vignon